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Séminaire de Théorie des Groupes en 2017-2018

par Serge Bouc - publié le , mis à jour le

Année 2017-2018

Le jeudi à 14h, BC101

Organisateurs :

Serge Bouc

Ivan Marin

14 septembre 2017
Georges Neaime (Caen) : Interval structures for the braid groups B(e,e,n).

Résumé : Complex braid groups are a generalization of Artin-Tits groups. The general goal is to extend what is known for Artin-Tits groups to other complex braid groups. In this talk, we are interested in Garside structures that derive from intervals. Actually, we construct intervals in the complex reflection group G(e,e,n) which gives rise to Garside groups. Some of these groups correspond to the complex braid group B(e,e,n). For the other Garside groups that appear, we give some of their properties in order to understand these new structures.

21 septembre 2017
Ivo Dell Ambrogio (Lille) : Sur la dimension injective de l’algèbre de Mackey

Résumé : L’algèbre de Mackey d’un groupe fini G à coefficients dans un anneau commutatif R a été définie par Thévenaz et Webb en 1995 ; la catégorie de ses représentations est équivalente à celle des foncteurs de Mackey pour G à valeurs dans les R-modules.

Dans cet exposé, je vais expliquer que la dimension injective (sur elle-même) de l’algèbre de Mackey à coefficients entiers est finie si et seulement si l’ordre du groupe n’admet pas de facteurs carrés. Dans ce cas, la dimension injective est alors égale à un et de plus l’algèbre est symétrique sur Z. Les résultats analogues sont aussi vrais pour l’anneau de Burnside et étaient connus déjà depuis les années 70s grâce à Krämer et Gustafson.

Les résultats pour l’algèbre de Mackey (travail joint avec Jan Stovicek) sont une conséquence de ceux pour l’anneau de Burnside en combinaison avec des travaux récents de Rognerud, de Bouc-Stancu-Webb, et de Dell’Ambrogio-Stevenson-Stovicek.

28 septembre 2017
Yann Palu (Amiens) : Complexe des embrassades et algèbres aimables.

Résumé : Le complexe des embrassades (non-kissing complex) est un complexe simplicial introduit en combinatoire par T. McConville. Dans cet exposé, je présenterai une interprétation algébrique de ce complexe à l’aide de la théorie des représentations d’algèbres. J’expliquerai ensuite comment généraliser le complexe des embrassades à la classe des algèbres aimables. C’est un travail en commun avec Vincent Pilaud et Pierre-Guy Plamondon.

5 octobre 2017
Kathryn Hess (Lausanne) : Extensions de Galois homotopiques.

Résumé : (Travail en collaboration avec Agnès Beaudry, Magdalena Kedziorek, Mona Merling, et Vesna Stojanoska) Je décrirai une théorie formelle d’extensions de Galois homotopiques, motivée par le cas des spectres en anneau commutatifs, élaboré par Rognes. Dans ce cadre on peut démontrer l’invariance des extensions de Galois sous extension de coefficients, ainsi qu’une direction d’une correspondance de Galois. Je rappellerai ensuite brièvement la théorie d’homotopie motivique et expliquerai pourquoi la théorie de Galois homotopique formelle s’y applique. Pour terminer, je fournirai quelques exemples explicites d’extensions de Galois homotopiques motiviques, dont certaines n’admettent aucun pendant classique (non-motivique).

12 octobre 2017
ATTENTION : SEANCE SPECIALE "CAP" LE MATIN.

10h15 : S. Gutsche (Siegen), D. Juteau (Paris) et S. Posur (Siegen) : Constructive Category Theory and Applications.

Résumé : In this talk we explain the concept of constructive cat- egory theory and its implementation in our software project Cap - Categories, algorithms, programming. Furthermore, we show the benefits of Cap’s framework for constructive category theory by demonstrating some applications to homological algebra : diagram chasing via generalized morphisms and computing the purity filtration via spectral sequences.

14h : Alexandre Esterle (Amiens) : Groupes d’Artin et W-graphes.

Résumé : La notion de W-graphe pour les algèbres de Iwahori-Hecke a été introduite dans un article de Kazdhan et Lusztig en 1979. Ils introduisent alors ces représentations définies pour certains groupes de Coxeter de type A et D. En 1981, Gyoja montre que de telles représentations existent pour tous les groupes de Coxeter finis irréductibles. Des W-graphes ont été explicitement trouvés pour tous les groupes de Coxeter finis irréductibles de type exceptionnel.
Dans le cas du groupe de Coxeter de type A, c’est-à-dire du groupe symétrique, les représentations peuvent être indexées par des partitions de n. On a alors des outils combinatoires simples pour obtenir la représentation duale d’une représentation ou les restrictions d’une représentation à un sous-groupe parabolique. Nous nous intéresserons à la problématique de répondre à ces questions pour les représentations associées à des W-graphes. Des propriétés combinatoires telles que la 2-colorabilité d’un graphe ou la recherche de composantes connexes dans un graphe apparaitront.
En s’intéressant à l’image du groupe de Artin vu comme un sous-groupe des éléments inversibles de l’algèbre de Hecke, nous verrons que les W-graphes qui ont été trouvés ne vérifient pas certaines propriétés qui devraient apparaitre de manière naturelle. Nous montrerons alors comment construire de nouveaux W-graphes vérifiant ces propriétés à partir de ceux qui sont connus. Muni de ces nouveaux W-graphes, nous déterminerons l’image du groupe de Artin pour les type H3 et H4.

19 octobre 2017
Benjamín García (Morelia) : On modules over Green biset functors

Résumé : cliquez ici

26 octobre 2017
2 novembre 2017
Pas de séance : vacances d’automne.

9 novembre 2017
Thomas Gerber (Aachen) : Cristaux affines et représentations modulaires

La théorie des représentations des algèbres de Lie affines et de leurs déformations (groupes quantiques) est reliée, via des phénomènes de catégorification, à la théorie des représentations modulaires du groupe symétrique et de ses déformations (algèbres de Hecke, algèbres de Cherednik). En particulier, l’étude des cristaux pour les groupes quantiques permet de résoudre de manière combinatoire et explicite certains problèmes fondamentaux concernant les algèbres de Hecke et de Cherednik.
Dans cet exposé, je reviendrai tout d’abord sur les résultats classiques établis dans ce cadre. Ensuite, j’expliquerai comment le développement d’une nouvelle combinatoire des cristaux permet de résoudre certains problèmes plus modernes en théorie des représentations modulaires.
Il s’agit en partie de travaux en commun avec Emily Norton.

16 novembre 2017
Thomas Gobet (Nancy) : Tresses simples duales et éléments c-triables.

Nous donnons une formule conjecturale pour exprimer les éléments simples des monoïdes de tresses duaux (associés aux groupes de Coxeter finis) exprimés au moyen des générateurs classiques et en donnons une démonstration en types A, B et I. Cette formule, dont l’énoncé est uniforme, fait intervenir les éléments c-triables de Reading, où c est l’élément de Coxeter standard définissant le monoïde dual. Les éléments c-triables ont été introduits à l’origine pour construire des bijections entre les partitions non-croisées et les clusters.
Notre formule a pour conséquence immédiate que les tresses simples duales sont des tresses Mikado. Les démonstrations connues de ce dernier résultat, conjecturé dans un travail en commun avec Digne, nécessitent des réalisations topologiques des groupes d’Artin-Tits (comme expliqué dans des travaux en communs avec Digne et Baumeister) ou des catégorifications de ces derniers (comme expliqué, en types A,D et E, par les travaux récents de Licata et Queffelec). Les preuves que nous présentons ici sont entièrement combinatoires, et nous développons une approche permettant de réduire une preuve uniforme de la formule en question à une conjecture concernant les ensembles d’inversions d’éléments c-triables, que nous démontrons ensuite dans les cas mentionnés plus haut.

23 novembre 2017
Paolo Bellingeri (Caen) : Morphismes entre groupes de tresses sur les surfaces.

Sauf quelques exceptions (riches d’applications, par ailleurs), il n’est pas possible définir une surjection d’un groupe de tresses sur un autre (avec un nombre différent de brins, bien evidemment !). Dans ce séminaire nous verrons que dans le cas des tresses sur les surfaces (orientables ou pas, fermées ou à bord) la situation est encore plus rigide : ceci nous permettra
de répondre affirmativement à une conjecture récemment formulée par L. Chen.

30 novembre 2017
Guodong Zhou (Shanghai) : Un théorème de localisation pour les catégories singulières

La notion d’échelle, introduite par Beilinson, Ginzburg et Schechtman, est une généralisation de celle de recollement de catégories triangulées. On montre qu’une échelle de hauteur deux de catégories dérivées non-bornées induit une suite exacte courte de catégories singulières bornées. On présente des applications aux théories des représentations et à la géométrie algébrique. Il s’agit d’un travail en commun avec Haibo Jin and Dong Yang.

7 décembre 2017
Ivan Marin (Amiens) : Extensions d’algèbres de Hecke.

Des algèbres de Hecke peuvent être associées non seulement à des groupes de Coxeter, finis ou pas, mais également à des groupes de réflexions complexes. Nous construisons des extensions de ces algèbres par des
algèbres de Möbius, associés à des treillis remarquables, et établissons des théorèmes de structure. Comme les algèbres de Hecke elles-mêmes, ces extensions sont des algèbres génériquement semisimples, et (conjecturalement) symétriques.

14 décembre 2017
Hatice Mutlu (Bilkent/Amiens) : Canonical induction formulae.

Résumé : cliquez ici

21 décembre 2017
Pas de séance.

11 janvier 2018
Clément Guillaume (Amiens) : Foncteurs de correspondances généralisées

Résumé : Étant donné un treillis distributif fini T, la catégorie des correspondances généralisées (à valeurs dans T) a pour objets les ensembles finis et pour flèches de X vers Y les applications Y × X → T ; un foncteur de correspondances généralisées sur un anneau commutatif k est alors un foncteur de cette catégorie vers la catégorie des k-modules. Le cas où T est le treillis à deux éléments a été étudié par Serge Bouc et Jacques Thévenaz. Ils ont obtenu une bonne description des foncteurs simples dans ce cas, notamment un paramétrage d’iceux et une formule explicite donnant le rang sur k de leurs évaluations. Dans cet exposé, j’expliquerai comment généraliser ce paramétrage au cas où T est quelconque, en utilisant la notion de polygone sur un treillis.

18 janvier 2018
Lucie Malo (Amiens) : Structure de modèle sur les catégories de Frobenius ou exactes, et théorème de Quillen.

Résumé : Buan, Marsh et Reiten en 2008, ont démontré un résultat intéressant à propos des catégories triangulées. Si C est une catégorie triangulée, et T un objet amas-basculant, alors le quotient C/\Sigma T est une catégorie de modules. On démontre ici un résultat similaire pour les catégories de Frobenius, et plus généralement exactes.
L’idée est la suivante : Quillen a démontré en 1967 que, si C est une catégorie de modèles, alors sa localisation (obtenue à partir de C en inversant toutes les équivalences faibles) est équivalente à la sous-catégorie des objets fibrants et cofibrants (à homotopie près). Palu en 2014 a démontré que l’on pouvait munir une catégorie triangulée d’une structure de modèle faible. A partir de la réflexion selon laquelle la catégorie stable d’une catégorie de Frobenius est triangulée, nous chercherons à munir une catégorie E de Frobenius d’une structure de modèle, puis utilisons le théorème de Quillen pour démontrer que la localisation de E est une catégorie de modules. Si le temps le permet, nous montrerons que, bien que les catégories exactes ne soient pas munies d’une structure de modèle, elles vérifient le théorème de Quillen.

25 janvier 2018
Sylvain Douteau (Amiens) : Une version stratifiée du théorème de Whitehead.

Résumé : Les espaces topologiques stratifiés apparaissent naturellement dans de nombreux domaines. Leur étude utilise des objets, tels que la cohomologie d’intersection, qui ne sont pas préservés par les équivalences d’homotopie, mais seulement par les équivalences d’homotopie stratifiées.
En travaillant avec des ensembles simpliciaux, la notion d’équivalence d’homotopie stratifiée permet de définir une catégorie de modèle vérifiant un certain nombre de bonnes propriétés (simpliciale, engendrée de façon cofibrante...).
On présentera cette construction, ainsi que celle d’un nouvel invariant du type d’homotopie stratifié : les groupes d’homotopie filtrés. Puis on verra comment cet invariant peut être appliqué au cas des espaces topologiques stratifiés pour produire une version stratifiée du théorème de Whitehead. On présentera des exemples d’application de ce théorème, reliant la notion d’homotopie stratifié avec celle d’isomorphisme de diagrammes de groupes.

1 février 2018
Theodosios Douvropoulos (Paris) : Geometric techniques in Coxeter-Catalan combinatorics.

Résumé : A problem that goes back to Hurwitz and the 19th century is to enumerate (reduced) factorizations of the long cycle (12...n) of S_n into factors from prescribed conjugacy classes. As it happens, and this is a common theme in combinatorics, this question of the symmetric group has a meaningful analog for the other reflection groups as well : The long cycle is replaced by the Coxeter element.
Bessis gave a beautiful geometric interpretation of such factorizations by using a variant of the Lyashko-Looijenga (LL) map, a finite morphism coming from Singularity theory. In that setting, there is a natural bijective correspondence ("Trivialization Theorem") between points in a generic fiber of the LL-map, and reduced reflection factorizations of a Coxeter element c of W. This was fundamental in Bessis’ dual braid presentation of the generalized braid groups B(W), but still relies on a case-by-case proven numerological coincidence !
We review the important geometric properties of the LL map and present new results obtained by further analysis of its local behavior. These include enumerating wider classes of factorizations, as well as counting factorizations with prescribed symmetries (in fact, we prove various cyclic sieving phenomena). We also suggest a uniform approach towards the proof of the Trivialization Theorem.

8 février 2018
Valentin Ovsienko (Reims) : Partitions de l’unité dans SL(2,Z), fractions
continues et dissections des n-gones.

Résumé : Comment trouver tous les n-uplets des entiers positifs (a_1,…,a_n) pour lesquels le produit des 2x2-matrices de la forme ((a_i,-1),(1,0))
est égal à la matrices unité 1 (ou à -1, ou à une racine carré de -1) ? De manière surprenante, la réponse est liée à la combinatoire classique, notamment aux triangulations des n-gones et leurs dissections plus générales. J’expliquerai comment des produits des matrices ci-dessus appairaient naturellement dans trois domaines différents.

15 février 2018
Nadia Mazza (Lancaster) : On a pro-p group of upper triangular matrices

Résumé : In this talk, we will discuss a pro-p group G whose finite quotient groups give your "favourite" Sylow p-subgroups of GL(n,p^f), for all positive integers n,f and p odd. Elaborating from work by Weir in the 50s and recent results by Bier and Holubowski, we will dip into the subgroup structure of G. Time permitting, we will also discuss field extensions, a p-adic variant of G and Hausdorff dimensions of some closed subgroups.

22 février 2018
Toshiki Nakashima (Tokyo) : Product Structure on Monomial Realizations of Type A fundamental crystal bases.

Résumé : The theory of crystal bases has been introduced by M.Kashiwara, which is applied to so many areas in mathematics and theoretical physics, e.g.,combinatorics, modular representations, statistical physics, R-matrices, cluster algebras, etc. Crystal bases are, roughly speaking, bases at q=0 of the modules for quantum algebras and hold some nice combinatorial porperties. One of the most important properties of crystal bases is the tensor product theorem, which guarantees that a tensor product of crystal bases is again a crystal base and keeps the nice combinatorial properties. There are several kinds of realizations of crystal bases, e.g., tableau realization, path realization, polyhedral realization, etc.
In the talk, the "monomial realization" of crystal bases will be introduced. In the monomial realization, each basis element in crystal base is given as a Laurent monomial in certain infinitely many indeterminates. We can consider usual product of such monomials but it is not clear that the product of monomials still keep the crystal base structure like as the tensor product. So the following problems are the main aims of the talk :
(1) For type A, in the fundamental weight cases, does the product of monomials hold the crystal base structure ?
(2) If the answer (1) is positive, how are the decomposition for the product of monomials described ?
In the talk, the answers of these two problems will be explained.

8 mars 2018
Aurélien Djament (Nantes) : Polynomialité de l’homologie stable des groupes de congruence.

Résumé : L’homologie des groupes de congruence, ou groupes linéaires sur un anneau sans unité, comporte deux structures fondamentales : des morphismes de stabilisation et une action des groupes linéaires sur les entiers (qui est induite par la conjugaison et est donc triviale pour un anneau unitaire), qu’on peut assembler à l’aide d’une structure fonctorielle adéquate. Le caractère stablement trivial de l’action des groupes linéaires (qui équivaut à une condition d’excisivité en K-théorie algébrique) en bas degré homologique a été caractérisé par Suslin en 1995 par une condition homologique simple portant sur l’anneau sans unité ; Suslin a de plus décrit le comportement stable de cette homologie pour le premier degré homologique où cette action n’est plus triviale. Je proposerai une généralisation en tout degré homologique du théorème de Suslin (résultat qui étend également des résultats obtenus pour certaines classes d’anneaux par d’autres méthodes, de nature arithmétique - Calegari 2015 - ou utilisant les FI-modules - les plus généraux étant ceux d’une prépublication de Church-Miller-Nagpal-Reinhold de 2017), qui montre entre autres que l’homologie en degré d d’un groupe de congruence définit un foncteur faiblement polynomial de degré au plus 2d (en un sens, introduit avec Vespa, qui sera rappelé dans l’exposé). La démonstration de ce résultat repose sur une suite spectrale mettant en jeu différentes théories homologiques dans les catégories de foncteurs.

15 mars 2018
Antoine Touzé (Lille) : Structure des foncteurs exponentiels.

Résumé : Les foncteurs exponentiels apparaissent naturellement dans un certain nombre de calculs homologiques (homologie des groupes, des foncteurs...). Dans cet exposé, nous donnerons quelques résultats de structure des foncteurs exponentiels et des applications à des calculs concrets.

22 mars 2018
Loïc Foissy (Calais) : Exposé reporté au 31 mai en raison de la grève nationale .

29 mars 2018
Exposé Annulé
Daniel Tanré (Lille) : Dualité de Poincaré et Homologie d’intersection.

Résumé : La dualité de Poincaré des variétés peut être étendue à certains espaces singuliers, comme les pseudovariétés, grâce à l’homologie d’intersection de M. Goresky et R. MacPherson. Je montrerai comment un ’’éclatement simplicial’’ en donne une représentation en termes de complexes de chaînes, avec des exemples illustrant les différences entre la situation classique et celle avec singularités.
Il s’agit d’un travail en collaboration avec D. Chataur (Amiens) et M. Saralagi-Aranguren (Artois).

5 avril 2018
Eirini Chavli (Stuttgart) : En lieu et place de l’exposé d’Eirini Chavli initialement prévu, reporté à une date ultérieure en raison de la grève des transports, nous aurons le plaisir d’écouter
Alexander Zimmermann (Amiens) : Complexes envasés à deux termes et orbites ouvertes.

Résumé : Ceci est un travail en commun avec Alexandra Zvonareva.
Les complexes envasés (silting) ont été défini par Keller-Vossieck en 1988 et ont obtenu un intérêt supplémentaire par le développement de la combinatoire des algèbres d’amas. En particulier les complexes à deux termes sont utilisés à cette fin.
Demonet, Iyama et Jasso ont construit un complexe simplicial \Delta(A)
de cônes dans un R^n qui visualise les mutations des complexes envasés à deux termes.
Nous proposons une ind-variété limcomp(A) avec action d’un ind-group G(A) tel que les orbites de cette action correspondent aux classes d’isomorphisme de complexes envasés dans la catégorie homotopique de A-modules projectifs. Nous montrons que chaque composante irréductible de cette ind-variété possède une orbite ouverte si et seulement si pour chaque g-vecteur (c’est-à-dire image prédéfinie g dans le groupe de Grothendieck) il existe un complexe envasé à deux termes et avec ce g-vecteur. Ceci correspond à la propriété DO dans un résultat récent de Chindris-Kinser-Weyman. Nous montrons de plus que A n’admet qu’un nombre fini de classes d’isomorphisme de complexes envasés à deux termes si et seulement si tout R^n est couvert par \Delta(A). Ceci donne une réponse affirmative à une question de Demonet, et approche une autre question de Demonet si on compare avec Chindris-Kinser-Weyman.

12 avril 2018
Claude Cibils (Montpellier) : (Co)homologie de Hochschild-Mitchell d’une catégorie linéaire, revêtements galoisiens et catégories tordues.

Résumé : Soit k un anneau commutatif, une k-catégorie C est une petite catégorie enrichie sur les k-modules. Au sens de Mitchell, c’est une k-algèbre avec plusieurs objets. Lorsqu’un groupe G agit par k-autofoncteurs de C, et si l’action est libre sur ses objets de C, alors la k-catégorie quotient C/G existe ; C en est le revêtement galoisien. En revanche la catégorie tordue C[G] existe toujours, si l’action sur les objets est libre alors C[G] est équivalente à C/G . La catégorie tordue peut donc être vue comme un substitut au quotient.
Si l’action est libre, dans un travail avec Eduardo Marcos nous comparons les invariants et les coinvariants de la (co)homologie de Hochschild Mitchell de C avec certains facteurs directs de celles de C/G. Cela rend explicite des morphismes injectifs décrits en bas degrés par E.L. Green, J.R. Hunton et N. Snashall.
Si l’action n’est pas libre, en utilisant une nouvelle catégorie nous nous ramenons au cas des revêtements galoisiens de façon à établir des résultats analogues pour la catégorie tordue.

17 mai 2018
Serge Bouc (Amiens) : Treillis et foncteurs de correspondances exponentiels.
Résumé : Avec Jacques Thévenaz, dans notre étude des foncteurs de correspondances, nous avons mis en évidence le rôle fondamental joué par les ensembles ordonnés finis et les treillis finis. En particulier, nous attachons à chaque treillis fini un foncteur de correspondances, et cette construction jouit de propriétés fonctorielles remarquables. Dans cet exposé, je donnerai une caractérisation des foncteurs de correspondances ainsi obtenus (sur un corps) en termes de foncteurs exponentiels commutatifs et « semi-simples en 1 ».

31 mai 2018
Loïc Foissy (Calais) : Polynômes chromatiques, polynômes de Ehrhart et algèbres de Hopf combinatoires

Résumé : On peut interpréter les polynômes chromatiques de graphes et les polynômes d’Ehrhart de polytopes convexes en termes de structures algébriques de type Hopf : ces polynômes apparaissent comme des morphismes, uniques, préservant un produit et deux coproduits qui cointeragissent. Ces résultats sont utilisés pour redémontrer et généraliser des résultats classiques de Rota et Stanley.

7 juin
David Chataur (Amiens) : Un spectre pour la cohomologie d’intersection.

La cohomologie singulière des espaces topologiques admet trois constructions classiques (équivalentes pour une vaste classe d’espaces) : simpliciale, faisceautique et en termes de classes d’homotopie à valeurs dans un espace d’Eilenberg-MacLane.
Cette dernière construction homotopique a été appliquée avec grand succès pour étudier les opérations cohomologiques, développer des théories cohomologiques généralisées (K-théories, cobordismes,....).
La collection des espaces d’Eilenberg-MacLane (à anneau de coefficients fixé) forme un spectre. Ainsi, on incarne une théorie cohomologique, c’est-à-dire un foncteur, comme un objet d’une catégorie triangulée : la catégorie homotopique stable des espaces topologiques.

Dans cet exposé on expliquera qu’il existe un tel paysage homotopique pour la cohomologie d’intersection. Le résultat principal que l’on souhaite exposer est le fait que cette cohomologie s’incarne comme un spectre en espaces d’Eilenberg-MacLane stratifiés. Ce résultat répond de manière positive à une série de problèmes posés par Goresky et MacPherson sur des possibles fondations homotopiques pour la cohomologie d’intersection et ouvre la voie à l’étude de cohomologies d’intersection généralisées pour les espaces stratifiés.

14 juin 2018
Hironori Oya (Paris) : Quantum Grothendieck ring isomorphisms for quantum affine algebras of type A and B

Résumé : In this talk, I present ring isomorphisms between ``$t$-deformed’’ representation rings (=quantum Grothendieck rings) of quantum affine algebras of types $\mathrmB_n^(1)$ and $\mathrmA_2n-1^(1)$. These isomorphisms imply several new positivity properties of $(q, t)$-characters of simple modules of type $\mathrmB_n^(1)$. Moreover, they specialize at $t = 1$ to the isomorphisms between usual Grothendieck rings obtained recently by Kashiwara, Kim and Oh through other methods. This coincidence gives the affirmative answer to Hernandez’s conjecture (2002), under our setting in type $\mathrmB_n^(1)$ : the $(q, t)$-characters of simple modules specialize to their usual $q$-characters. Hence, in this case, the multiplicities of simple modules in standard modules are given by the evaluation of certain analogues of Kazhdan-Lusztig polynomials whose coefficients are positive.
This talk is based on a joint work with David Hernandez.

21 juin 2018
Inna Capdeboscq (Warwick) : Large groups of simultaneously even type and p-type

Résumé : In this talk we will discuss current work with R. Lyons on the study of large finite simple groups of simultaneously even and p-type. This is a contribution to the project of D. Gorenstein, R. Lyons and R. Solomon on the Generation-2 proof of the Classification of Finite Simple Groups.