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Motion votée par le LAMFA réuni en AG

by Frédéric Paccaut - published on , updated on

Motion votée à l’unanimité le 10 février 2020

Les membres du LAMFA CNRS UMR 7352, réunis en assemblée générale le 10 février, manifestent leur opposition résolue aux principales orientations qui s’expriment dans les trois rapports remis à la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche et qui risquent de se retrouver dans le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche en préparation. Ils dénoncent notamment :

• l’affaiblissement des instances nationales de qualification et de recrutement : disparition de la procédure de qualification nationale (garantie d’une évaluation collégiale des collègues par leurs pairs), avec risque accru de recrutements arbitraires, d’inégalités dans les promotions ;

• la remise en cause radicale du statut d’enseignant-chercheur (disparition de la clause d’accord pour la modulation du service, du référentiel d’heures d’enseignement à l’année - 192 h. éq. TD - et donc du paiement des heures complémentaires ; recours massif à des enseignants non chercheurs et/ou précaires) qui ne ferait qu’alimenter la précarisation des chercheurs et personnels de soutien à la recherche, qui croît depuis des années ;

• la mise en danger des recrutements permanents junior dans la fonction publique de l’ESR au bénéfice de tenure tracks (une carrière soumise à une évaluation encore plus prégnante et à des impératifs de productivité quantitative, peu favorables à une recherche sereine) ;

• la mise en concurrence des personnels au sein des unités de recherche et des départements (primes à la performance, inégalités de traitement, modulation des services d’enseignement selon une logique d’économies collectives à court terme et de concurrence individuelle) ;

• la limitation radicale de la liberté de la recherche : généralisation d’un financement de la recherche par projets ; marginalisation de la recherche fondamentale, au profit d’orientations déterminées au niveau ministériel ;

• une hypercentralisation politique du pilotage de la recherche, au détriment de la créativité individuelle des chercheurs et de l’autonomie des équipes de recherche, à travers notamment le monopole qui serait donné à l’ANR de tous les appels à projet nationaux en calquant ces appels sur les priorités de la recherche fixées par le gouvernement.

Loin de remédier à la dégradation des métiers de l’enseignement supérieur, pourtant constatée dans ces trois rapports, la mise en application de ces préconisations aggraverait à la fois nos conditions de travail (enseignement, administration, recherche) et celles, corrélées, de nos étudiants et étudiantes ainsi que des personnels administratifs et techniques.

A l’inverse, les membres du LAMFA CNRS UMR 7352 demandent qu’une plus grande proportion du budget total consacré à la recherche soit dévolu à des crédits récurrents pour les laboratoires et à des emplois statutaires.

Enfin, ils déclarent leur solidarité avec les mobilisations en cours contre le projet de réformes des retraites et des pensions, contre la mise en place des E3C et de la réforme du bac.